vendredi 1 mai 2009

Suis-je une vraie cycliste?

Comme dirait « defrag » un copain cycliste : « Il y a des gens qui ont la physionomie pour certains sports ». Il dit aussi que : « Même dans un sport comme le cyclisme, certains physiques sont avantagés dépendant des disciplines. Par exemple, les grimpeurs ne sont généralement pas très grands, ni très gros ».

Par contre, il enchaîne en disant : « Mais, il y a toujours des exceptions! ».

Dernièrement, je me suis demandée : « Suis-je vraiment une cycliste? »

J’aime faire du sport, c’est évident! Mais quel genre de sport?

Si je regarde mes capacités physiques, je dirais que malgré mon excès de poids, je suis forte physiquement et très flexible mais, je n’ai pas de cœur (pas de cardio).

Alors qu’est-ce que je trouve au vélo?

Pour répondre à cette question, il faut retourner à la fin 2006 début 2007 car, c’est à ce moment que j’ai rencontré pour la première fois, un vrai cycliste.

Lorsque j’étais jeune, je n’aimais pas faire du vélo. Je n’ai donc jamais eu envie à l’age adulte de m’en procurer un. Mais « Lappie » était tellement passionné du vélo que c’était contagieux.

Je me suis dit : « Il faudrait bien que j’essaie ça. Ça semble fabuleux! ».

Donc en avril 2007, je me suis jetée à l’eau et me suis rendu dans un magasin de vélo à l’Ile des Sœurs.

J’ai bien failli ressortir instantanément. Il y avait des vélos partout!

Il y avait d’ailleurs très peu d’espace pour marcher et il fallait parfois se baisser la tête pour ne pas accrocher ceux qui pendaient du plafond.

C’était très impressionnant et déroutant.

Donc, alors que j’allais ressortir, un vendeur s’est approché de moi.

Il s’est mis à me pauser des questions sur ce que je cherchais. Malheureusement, la plupart des questions étaient du pur chinois. « Du Tia quoi? C’est quoi ça un dérailleur? Je devrais m’acheter des cuissards? Qu’est-ce que ça mange en hiver cette affaire là? Non, je n’ai pas de marque préférée de vélo ».

Je me suis dit bâtard, c’est donc bien compliqué. Mais bon, le vendeur avait l’air un peu fâché de mon ignorance mais, il m’a sorti 2 vélos.

Le premier, un hybride et le second un vélo de route.

Il m’a alors dit : « Comme c’est votre premier vélo, vous préfèrerez sûrement la position de l’hybride qui est beaucoup plus confortable, Mais essayez les 2 au cas où ».

Donc, sous une pluie fine, avec mes talons semi-hauts et mon manteau de cuir. J’ai essayé le vélo de route.

Ah non, ce n’est pas pour moi ça!

J’ai donc essayé le vélo hybride. Wow là, j’ai « trippé » fort. Je ne voulais plus débarquer!

J’ai donc acheté le vélo et dit au vendeur que je reviendrais le chercher dans quelques jours.

C’est là que l’aventure a commencé.

Lorsque je suis arrivée au magasin, j’étais super énervée!

Après avoir dit au vendeur que je venais pour récupérer mon vélo, il est allé le chercher.

Il a pris mes mesures et l’a ajusté à ma taille (j’étais loin de me douter à ce moment que c’était loin d’un réel ajustement de vélo).

Et c’est là que j’ai fait mes 2 premières erreurs de cycliste. Pire encore, je les ai fait en une seule phrase :

J’ai dit : « Il n’y a pas de « stand » sur le « bécyk? »

Le vendeur m’a regardé de travers mais, n’a rien dit et est allé chercher une béquille qu’il a installée sur le vélo.

Toujours est-il que j’ai commencé à faire du vélo. Je m’améliorais de plus en plus chaque jour et j’adorais ce sport.

Avec le temps, j’ai fait la connaissance de nouveaux copains cyclistes et c’est là que j’ai compris que « Lappie » n’était vraiment pas seul.

Les vrais cyclistes sont des passionnés.

J’ai si souvent été témoin d’heures de conversation entourant le vélo. Pas d’espace ou de temps pour d’autres sujets (sauf parfois la musique).

C’est avec eux que j’ai appris ce qu’était un dérailleur, une potence, une cassette, etc. Qu’il y a un éthique, un style et des vêtements appropriés en vélo. C’est aussi avec eux que j’ai appris qu’on ne dit jamais « bécyk » mais bien vélo et qu’un vélo, ça n’a pas de « stand/béquille ».

« Ben voyons Isabelle, une béquille ça donne du poids au vélo et c’est toujours préférable d’être le plus léger possible! »

« Ah bon ok, je ne savais pas! »

En fait, ces 6 derniers mots, je les ai dit des tonnes de fois.

Je ne connaissais absolument rien au vélo autre qu’il y a 2 pédales qu’on doit tourner pour le faire avancer et des freins pour l’arrêter. En fait, parfois, il n’y a même pas de freins mais, ça c’est une autre histoire.

J’ai donc connu des gens extraordinaires mais, le peu que je savais et le très petit nombre d’endroits visités en vélo faisait que je n’avais rien d’intéressant à ajouter à la conversation et bien souvent j’écoutais sans rien dire.

J’aurais pourtant parfois bien aimé parler d’autres choses avec eux. Mais bon!

Je me suis donc dit que si je n’avais pas encore la passion, c’était sûrement dû au fait que je ne possédais qu’un « Pseudo-vélo ».

En effet, malgré sont prix extravagant, un hybride n’est pas tout à fait un vrai vélo. Ce n’est pas un vélo de montagne, ni un vélo de route.

Je n’appartenais donc pas vraiment à la gang et je ne pourrais de toute façon, jamais les suivre avec mon « pseudo-machin ».

Ce sont des athlètes qui vivent pour le vélo alors, si je voulais une chance de pouvoir les suivre même en mode très mollo, je me devais d’avoir un vélo de route.

Humm, mais j’ai déjà essayé ça un vélo de route et je n’ai pas aimé la sensation. C’est sûrement parce que je ne faisais pas de vélo régulièrement ou que je n’aie pas trouvé le bon.

Je suis donc partie à la recherche de mon vélo de route.

Heureusement cette fois, je connaissais les composantes d’un vélo et j’avais une bonne idée de ce que je cherchais.

J’ai donc trouvé et acheté mon vélo de route.

J’en ai fait à quelques reprises mais, j’ai réalisé que ça me fait peur.

Un vélo de route, ça fait des « flats ». Un vélo de route, c’est extrêmement léger. Un vélo de route, c’est pour faire de la vitesse.

Mais ma vitesse à moi, c’est 25km/h au grand maximum.

25km/h c’est une blague pour la gang de cyclistes. Ils roulent à 35km/h et plus seul, et parfois beaucoup plus que 45km/h en groupe et ce, pendant de longues heures (même Mtl-Qc en 1 jour).

Mais moi, je n’ai pas de cœur pour les suivre. Je ne suis pas assez à l’aise sur mon vélo de route pour les suivre et pire encore, je n’ai pas le goût de les suivre.

Voilà, c’est dit!

Je n’aime pas rouler en peloton, j’ai peur!

Je n’aime pas faire de la vitesse. Je veux prendre le temps de regarder les paysages.

Je ne suis pas confortable sur un vélo de route et je suis pourrie pour changer un « flat ».

J’ai donc décidé de revenir à mes premiers amours.

Mon petit bijou de vélo de route presque neuf, est encore dans mon atelier et n’a pas eu droit à un seul kilomètre cette année.

Pour le moment, j’ai plus envie de faire de la course à pied. J’aime le confort de me sentir toujours en contrôle. C’est beaucoup plus facile d’arrêter lorsque je suis croisée par un conducteur qui ne regarde pas où il va et je n’ai pas les pieds attachés aux pédales.

Par contre, je continue à sortir mon hybride pour aller faire quelques km aux alentours ou pour sortir avec les enfants.

Oui, j’aime faire du vélo. À mon rythme. Sans pression.

Alors : « Suis-je une vraie cycliste? »

Je ne connais toujours pas la réponse à cette question mais, je sais que le cyclisme renferme des gens merveilleux, passionnés et rapides!

6 commentaires:

  1. Chaque personne à sa propre interprétation de ce qu'est un vrai cycliste. C'est la même chose en course à pied. Pour certaine personne, un vrai coureur c'est quelqu'un qui répond à certains critères. Ces critères varient d'une personne à l'autre.
    À toi de voir comment tu veux t'identifier ... c'est propre à toi!
    Moi, je sais que tu es une fille super :-)

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  2. Suis-je une vraie cycliste?

    Bonne question!!!

    Si cela peux te rassurer, je ne sais pas si je suis un vrai cycliste …

    Lorsque je fais des sorties de vélo en groupe je suis rarement à l'aise.

    Pourquoi? Je constate que j'accorde tellement peu d'importance sur l'aspect technique et l'aspect esthétique de l'équipement.

    Je trouve que les gens accordent trop d'importance à l'aspect esthétique et l'aspect qualitative de leur équipement.
    Ils oublient que les trois principaux composantes d'un vrai cycliste sont leur coeur, leurs jambes et leur mental.

    De plus, j'ai un mantra qui dit tout: SI TU VEUX AVANCER, PÉDALE, PÉDALE et PÉDALE....

    Le mantra est-il trop simple?

    Peut-être, car il n'y a pas de matière à discuter!!!!!

    Le fait d'être propriétaire d'une Ferrari, fais-t-il de toi, un vrai coureur automobile?
    Poser la question est d'y répondre!!!

    Finalement, pour répondre à ta question, selon moi, un vrai cycliste est quelqu'un qui aime pédaler, pédaler, pédaler... peu importe avec quel type de vélo. Sa vitesse de croisière et sa distance importe peu.

    Évidemment, c'est quelqu'un qui recherche à être plus dans l’action de pédaler que de placoter....

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  3. Wow, Merci Sylvie et JP.

    Sachant quels merveilleux et exceptionnels athlètes vous êtes, vos commentaires font vraiment réfléchir.

    Merci encore!

    Isabelle

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  4. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  5. Isabelle,

    Pour moi tu es une vraie cycliste parce que je crois que tu aimes être heureuse en roulant et que tu es heureuse en faisant du sport.

    C'est juste que je te soupçonne de manquer un tout petit peu de confiance en toi et d'avoir un petit peu de gêne à t'affirmer. N'oublie pas que tu as le droit le plus strict d'être toi-même et de t'affirmer telle que tu es avec tes différences.

    Moi, je suis un cycliste, même si je sais que je suis différent des autres. Mon vélo de route principal a des roues de 27 x 1 1/4 et mon deuxième vélo de route a des pneus de 700 x 28. Pas mal moins fragile, considérant mon surplus de poids. Tous mes vélos sont en acier ou en alliage d'acier. Je roule toujours avec une sacoche pleine d'outils car mon gros fun, c'est de dépanner les gens. Incroyable les sourires qu'on peut faire naître avec un kit de patches et ume pompe. En plus, imagine-toi que j'utilise des pédales à cale-pieds. (je dois être une espèce de dinosaure, mais j'ai peur des pédales à clips). Si tu as trop peur de tes pédales à clips, essaie les pédales à cale-pieds avec des bons souliers de sport (avec des semelles assez rigides, très important; évidemment, le fait d'avoir des soulier "normaux" te permet d'arrêter où tu veux et de visiter ce que tu veux, surtout quand tu découvres un endroit où tu n'avais pas prévu arrêter). Tu pourras toujours remettre les pédales à clips plus tard. J'oubliais: mes vélos ont tendance à être munis de béquilles. Ça ne pèse à peu près rien mais c'est pratique. Et ma sacoche contient un cadenas en U assez pesant. Ce n'est pas optimal, point de vue poids et aérodynamisme, mais ça bat quand même mon hybride à plates coutures. De toutes façons, j'ai déjà un bon excédent de poids sur mon corps, alors ce n'est pas une béquille ou des outils qui vont changer grand'chose.

    Autre différence, bien des cyclosportifs ont du plaisir à faire un effort maximale pendant une durée optimale. Moi, en plus de ça, j'ai le plaisir de pouvoir arrêter où je veux, quand je veux et pour la durée que je veux. Quand je pense à tous les endroits extraordinaires que j'ai découverts à vélo...

    C'est vrai que je suis peut-être plus un cyclotouriste dans l'âme qu'un cyclosportif mais ça m'arrive parfois de rouler avec la gang de Velocia. Et on finit immanquablement par me distancer. Pas grave, on se retrouve plus loin. Et si je perd l'aspiration du peloton, ça me permet de forcer un peu plus, de brûler plus de calories, et d'améliorer encore plus mon cardio. Comme quoi, on peut toujours trouver du positif, si on décide d'en chercher, car le bonheur vient souvent d'en-dedans de soi.

    Ne te gêne surtout pas pour être toi-même, même si ça implique d'être un peu différente. Et tu n'as pas à craindre qu'on te juge car les personnes assez basses pour te juger négativement ne mériteraient pas que tu considère leur opinion.

    Moi, je me considère différent, et je suis fier de ma différence (vélos d'acier avec cale-pieds, rack et sacoche). Je n'ai rien contre les gens qui roulent sur du carbone, mais je ne pense pas que le carbone me rendrait heureux, moi.

    Si ça t'adonne on pourrait aller rouler ensemble un dimanche (les samedis appartiennent à ma conjointe) et tu verras qu'on peut avoir du fun à rouler sportivement en bas de 30 km/h.

    Mais surtout, de grâce, cesse d'être aussi sévère envers toi. Et n'oublie pas que tous les gens qui prennent le temps de répondre à ton blog le font parce qu'ils ont beaucoup d'amitié ou de respect (ou les deux !) envers toi.

    Bruno

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  6. Bonjour Isabelle.

    J'aime beaucoup le commentaire de Bruno.

    Si j'ai bien compris, lorsque tu fais du vélo, c'est un loisir.

    S'il y a quelque chose que nous devrions faire à notre goût c'est les loisirs non?

    Lorsque je lis tes interventions, que ce soit sur ton blogue ou sur un forum, j'apprécie cette gentillesse, cette ouverture. Voilà ce qui est important pour moi.

    Alors STP n'essaies pas d'être autre chose que ce que tu es, de toutes façons c'est perdu d'avance. (ouan.. désolé de pontifier).

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